Dans les pubs d’Edimbourg, on s’amuse à dire que le whisky est une boisson à base d’orge – qu’on trouve partout dans le monde – et d’eau – qu’on ne trouve qu’en Ecosse. Il y a du vrai dans la boutade : whisky vient en effet de uisge, un mot qui veut dire « eau » en gaélique écossais.
Mais l’eau qu’on utilise dans sa fabrication doit être chauffée. Conséquence : les 120 distilleries écossaises produisent annuellement 760 000 tonnes de CO2. Et si l’on ajoute l’évacuation des déchets, ainsi que la fabrication et le transport des bouteilles, ce sont deux millions de tonnes de CO2 qui sont générées, soit 0,25% des émissions totales du Royaume-Uni.
Chaque étape du processus d’élaboration du whisky est fortement consommatrice d’énergie. Dans le pure malt, après les phases de trempage et de germination, l’orge est séché au four pendant près de 48 heures ! Le brassage et la distillation, qui viennent ensuite, comportent une empreinte carbone tout aussi élevée.
Les producteurs de whisky ont pris conscience de ce phénomène bien avant que le réchauffement climatique soit à l’ordre du jour. Voilà vingt ans qu’ils travaillent, pour des raisons économiques, à la réduction de leur consommation d’énergie.
C’est d’abord à la récupération de la chaleur que les distilleries se sont employées. Dans de nombreux villages écossais, les écoles et la piscine sont désormais chauffées grâce à des échangeurs de chaleur.
Les techniques récentes de récupération des déchets ont accéléré le mouvement. Elles présentent un double avantage. D’une part, elles évitent de déposer les résidus par pipe-line au fond de la mer, comme on avait l’habitude de le faire. D’autre part, elles permettent de produire de l’électricité par méthanisation. Certaines îles de l’est de l’Ecosse deviennent ainsi autonomes sur le plan électrique, voire exportatrices.
Les marques de whisky ont vu l’avantage qu’elles pouvaient tirer de ces nouveaux processus de fabrication. Elles commencent à communiquer « vert ». Et l’amateur peut boire son scotch sans mauvaise conscience : il ne dégrade pas la planète. |